Siliroc, les pierres reconstituées du Gard

L'exemple choisi pour conclure évoque le premier cité : 
synergie étudiant-entreprise + investissement emploi-export

jusqu'à mettre à nouveau en scène une jeune exportatrice (mission parité plus qu'accomplie, ... avec plaisir !).

Pourtant, le cas de Siliroc, vieux de dix ans, reste un record de France, jusqu'à ce que l'on en trouve un qui vienne démontrer, avec plus de force encore, notre capacité à décupler l'impact de l'investissement emploi-export pour assurer la croissance et de nouvelles créations d'emploi, dans tous les secteurs de notre économie.

En effet, chaque cas précédemment cité comptait
parmi  les seules 140 000 entreprises françaises 
déjà exportatrices
, alors que Siliroc représente 
des centaines de milliers d'entreprises
hexagonales,
pourtant capables de vendre à l'étranger, quelque soit 
leur taille, si elles exploitent les moyens adaptés 
( à commencer par des ressources humaines) 
qui sont mis à leur disposition par l'ensemble 
des organismes partenaires de l'exportation. 

Ainsi, peu d'entreprises démarreraient une exploitation en France sans responsable(s) commercial.
Par contre, à l'étranger, comme nous l'avons souvent déjà souligné, on exporte sans exportateur, en improvisant jusqu'à ce que le CA s'autogénère (plus ou moins vite, suivant le dynamisme des clients) et justifie de recruter, alors que tout est plus difficile dès que l'on passe une frontière, même européenne. 

D'où l'intérêt majeur de l'exemple offert par Siliroc
PME gardoise spécialisée dans la fabrication de pierres reconstituées.

Quand notre histoire commence, en 1988, Siliroc ne comptait que 30 salariés, pour un C.A. de 20 MF.

Voyant sa position déjà bien établie en France, 
son P-DG parle export avec le Conseiller en développement international de la CRCI  Languedoc-Roussillon. 
Ils évoquent logiquement le marché espagnol tout proche,
comme une priorité adaptée à un produit aussi pondéreux.
Une étudiante de Sup'de Co' Montpellier est chargée 
d'une mission pour évaluer son potentiel, en 1988.

Devant les résultats très prometteurs de cette étude, 
Siliroc décide de franchir une nouvelle étape en exposant
ses produits sur le stand multi-entreprises de la CRCI,
à l'Expo. Construbat 1989 de Barcelone. Et cela toujours 
avec l'assistance de l'étudiante. Les distributeurs espagnols 
y confirment leur intérêt ; mieux encore, déjà, certains d'entre eux 
souhaitent même passer des commandes.

Mais - et c'est là tout l'intérêt de ce cas - le P-DG de Siliroc leur demande de patienter quelques mois, 
le temps de mettre en place une organisation export capables de bien les servir ... Et début 1990, Siliroc 
recrute l'étudiante
fraîchement diplômée, avant même d'avoir commencé à exporter, avec l'Espagne 
pour objectif presque exclusif. 

En effet, avec beaucoup de sagesse
cette PME n'a pas éparpillé ses moyens 
dans d'autres pays. Elle a choisi, au contraire, de se concentrer d'abord sur un seul marché,
pouvant ainsi investir dans une micro-filiale
de distribution (un bureau avec une secrétaire 
à Barcelone) sur laquelle la jeune responsable
export a pu s'appuyer efficacement. 

Actions et moyens de Siliroc, à la portée de centaines 
de milliers d'entreprises françaises, pourtant encore 
non-exportatrices

Rappel C.A. 1988 : 20 MF (dont export = 0) et effectifs : 30 
1988 - mission Espagne par étudiante (3 mois desk + field)
- investissement : 20 KF ( Fraex : 10 K remboursés )
1989 - Expo. Construbat à Barcelone avec étudiante 
- investissement : 25 KF ( Fraex : 5 KF remboursés )
1990

- recrutement étudiante, dès que diplômée 
- ouverture bureau Barcelone avec secrétaire
- investissement : 520 KF ( Fraex + Frac : 200 KF )
- premier C.A. Export Espagne : 400 KF

1991 - poursuite stratégie mono-marché sur Espagne
- investissement : 510 KF 
( Coface indemnités APS : 250 KF )
- C.A. Export Espagne : 3 000 KF

Résultat de cette stratégie et d'un solide travail 
de terrain : après quinze mois seulement d'exploitation, le C.A. de Siliroc en Espagne
dépassé 3 MF, soit déjà plus de 10% du C.A
global de l'entreprise, avec un investissement
parfaitement à la portée de cette micro-PME ...

...une action réussie, parce qu'un P-DG volontaire et bien conseillé s 'est donné 
les moyens humains nécessaires - dès le début - au lieu d'attendre de "faire du chiffre" pour se décider à recruter, à l'export de Siliroc... (qui a rejoint, depuis, le groupe SILEX). 

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